
D’après les fiches établies par l’Institut de l’élevage et les Chambres d’agriculture dans le cadre des réseaux d’élevage, conduire des bovins allaitants en agriculture biologique peut déboucher sur des performances économiques intéressantes.
L’exemple du système naisseur de référence en agriculture biologique avec 75 ha et 58 mères Limousines le démontre avec un EBE supérieur à celui du système conventionnel, équivalent en termes de moyen de production (75 ha et 68 vaches). Un avantage en partie lié au prix moyen de la viande auquel il accède sans passer par la vente directe : 3,88 € / kg pour les vaches et 4,33 € / kg pour les génisses.
Dans le fonctionnement d’Unébio, coopérative détenue par 12 structures d’éleveurs bio* et premier opérateur national de la commercialisation de viande bovine bio, ce prix payé aux producteurs est fixé six mois à l’avance par les éleveurs qui dirigent la structure. « votre prix d’achat des animaux est fixé selon les coûts de production, les contraintes du cahier des charges et la valorisation que l’on pourra faire de l’animal. Il n’est pas fonction du prix conventionnel. En bio, nous avons un fonctionnement très différent du conventionnel, insiste Caroline Voland, responsable des achats d’Unébio sur le Grand Ouest. Si nous ne maintenons pas ça, les éleveurs seront les grands perdants de la filière. » Un système qui repose aussi sur une relation étroite et de confiance avec les clients. « On est là pour fluidifier la filière. Dire aux distributeurs d’éviter les promotions entre janvier et avril », illustre Caroline Voland. L’adéquation offre / demande se fait aussi dans l’autre sens grâce à la planification des sorties qui assure aux distributeurs et transformateurs une régularité de leurs approvisionnements. En s’engageant deux mois à l’avance sur leurs sorties d’animaux, les producteurs montrent qu’ils « se préoccupent de leur filière et des spécificités du marché. »
*ndrl : dont Poitou-Charentes Bio